Le jeudi avant Pâques, la tradition voulait que toutes les dames des mas du territoire se rendent à pied jusqu'à la chapelle du mas d'en Camps pour y porter un cierge.  On allumait tous les cierges dans la chapelle et ensuite on profitait de ce rassemblement pour discuter entre amis.

Le lundi de Pâques était le jour de la fête de Can Partere.  Un comité des fêtes organisait les activités.  Elles se déroulaient principalement de part et d'autre de la passerelle, au café Can Rousta, chez la Catherine qui tenait l'auberge du hameau, sur la route où il y avait très peu de circulation ou dans les prés de l'autre côté du pont.

Voici le récit qu'en fait Roger Rudelle:

Avant la guerre, pour Pâques, la tradition voulait que pour l'esmorzar (petit-déjeuner) on goûte le saucisson élaboré avec les meilleurs morceaux de cochon tué durant l'hiver. La plupart des familles élevaient un cochon; d'autres, le moment venu, achetainet un cochon gras; certaines, dont les moyens pécuniaires étaient limités faisaient un achat identique...mais à deux. On disait alors en catalan de chacune des deux: "s'han mort la meitat d'un porc" (Ils se sont tué la moitié d'un cochon). Le saucisson était dégusté comme du pain béni, avec des radis du jardin à la croque-sel (si Pâques était tardif).
Le lundi après-midi, c'était l'aspartinette (goûter champêtre) à Can Partere sur et dans les prés et les "glabès" (terrains incultes) de part et d'autre de la route, avec entre autre gourmandise, l'incontournable saucisson. La quasi totalité de la population arlésienne sacrifiait à cette esparninette. Il y avait des gens partout. On s'installait de groupe en groupe!
Ensuite, c'était le bal à la Cazotte, chez Catherine. A Can Partere, c'était à Can Rousta. L'entrée était payante.
Les lundis de Pâques, avec la Cazotte et surtout Can Partere étaient des journées mémorables et "passablement arrosées".
Après la guerre, toujours le lundi de Pâques, on reprenait les traditions. Esparnitte et bal à Can Partere uniquement. 1947 fut certainement la plus belle année avec un bal et un orchestre. La salle se transforma en étuve, les danseurs dégoulinants de transpiration, serrés comme des sardines dans cette pièce. Il y avait également de la jeunesse des deux sexes venue de Saint-Laurent (acheminée par le car Boix qui assurait le service quotidien Saint-Laurent / Perpignan) et d'Amélie. Ce fut peut-être le plus connu des lundis de Pâques à Can Partere.

Quand le café Can Rousta cessera ses activités, la Buvette champêtre du Pas du Loup prendra le relais pendant quelques années, la fête du quartier restant le lundi de Pâques.

 

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